7 janvier 2015

Indignation

je suis charlie

Se forger une opinion induit au préalable l’accès à une information pluraliste, ainsi qu’une faculté d’analyse et d’esprit critique, elle même alimentée par notre propension à maintenir notre curiosité en éveil et notre capacité à assouvir cette appétence.

C’est la recherche scientifique, la persévérance de certains journalistes, le travail d’artistes engagés, de militants associatifs, d’enseignants, mais également l’humour qui font reculer l’ignorance, l’arrogance et le mépris.

Suite à l’attentat de ce mercredi 7 janvier 2015, ZEST tient à manifester son soutien à Charlie Hebdo ainsi qu’aux familles des victimes.

Ne laissons pas la peur, la violence, la censure, l’autocensure, ni l’indifférence s’installer.

La liberté d’expression, est inscrite dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948.

Elle va de pair avec le respect d’autrui, la fraternité. Elle est la base même de la démocratie.

Laura Zornitta

Dessin de Myriam Huré
Dessin de Myriam Huré

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2 réflexions sur « 7 janvier 2015 »

  1. Charlie Hebdo… l’un des derniers survivants des journaux satiriques et irrévérencieux, dont la règle est de rire de tout et éventuellement avec tout le monde. Brassens disait qu’on devait mourir pour ses idées de mort lente…. Là, la mort a été plutôt rapide. Plus qu’on ne le souhaitait. Alors on a guetté la réaction des pouvoirs publics, de nos édiles. Les médias se sont emparés de l’affaire : une aubaine ! De la violence, du sang, des otages, du GIGN, du RAID (tue raide tous les insectes !). Un peu déçus quand même : pas d’images en direct, pas de journaliste pris en otage. Ca manque d’effet vendeur. Et que cherche-t-on ??? Derrière les caméras spectacles, le débat sur les valeurs républicaines est absent. Toute l’intelligentsia médiatique s’indigne (ben oui, le terroriste ne prévient pas, et s’il lui venait en tête de buter du Fauchon ou du Cartier… Vous n’y pensez pas, ça craint un max dans le VIIIème !). Dernier avatar indécent de cette médiatisation sanguinolente et irrespectueuse de ce qu’étaient les victimes : après la mort des terroristes, le Figaro a titré « Justice est faite ». Et bien non, messieurs les journalistes, justice n’est pas faite. La peine de mort est heureusement abolie, et si les circonstances ont conduit à la mort des terroristes, ne confondons pas la légitime défense des forces de l’ordre avec la justice : la justice c’est au tribunal, pas à coup de fusil d’assaut. Jeannette BOUGRAB a été d’une dignité époustouflante et d’une intelligence hors paire lors de son interview au journal de TF1 : elle a demandé que les terroristes soient mis en prison. Elle a su, contrairement aux journalistes, et malgré sa douleur d’avoir perdu son amour, promouvoir les valeurs républicaines et demander en public que la justice soit respectée autant que faire se pouvait. Son vœux n’a pu être respecté, mais je ne doute pas qu’elle aurait préféré une autre fin respectant les droits des hommes qui ne respectaient plus les droits des autres hommes.

    Mais on oublie de se rappeler notre attitude lors des manifestations contre le mariage pour tous, on laisse le FN débiter ses idées nauséabondes à la télé, dévidant ses sous-entendus haineux et discriminant, on laisse aussi des hommes et des femmes, au nom de la religion, enfermer des femmes et des hommes dans des prisons morales ou de tissus (voiles catholique, juif, musulman, interdits d’exprimer ses joies, ses peines, ses désirs : soi invisible et tais-toi). Les minorités agissantes ont des autoroutes devant elles : au nom de la « démocratie », nos responsables politiques laissent se développer les discours enfermant, visant à imposer à la société la vision d’une minorité, et oublient qu’ils ont le devoir par leurs fonctions de défendre les valeurs républicaines contre ceux qui, usant des libertés que la République leur donne, visent justement à abolir ces valeurs et les libertés qui en découlent. La liberté républicaine, ce n’est pas laisser dire sans réagir, au contraire : c’est laisser dire, et combattre l’idée qui veut abolir la liberté.

    L’Etat français s’est séparé de la religion, du moins c’est le discours qui nous est servi. Mais la loi de 1905 ne sépare pas la religion de l’Etat, elle aménage les rapports de l’Etat avec toutes les religions : cela permet aux pouvoirs religieux de recevoir directement ou indirectement (financement étatique ou territorial des constructions cultuelles, des fonctionnements des représentants des différents clergés) des subsides non négligeables, alors que l’athée ne coûte rien lui ! La contrepartie de ce financement, c’est normalement l’adhésion aux valeurs de la République, qui en fait une République laïque : que les gens croient est leur problème, dès lors qu’ils permettent aux non croyants de ne pas croire. Ce qui me rend libre, c’est votre liberté. Si vous décidez de ne plus être libre, vous empiétez de fait sur ma liberté en voulant m’entrainer dans votre prison politique, idéologique, syndicale, religieuse.

    On aimerait que nos édiles qui mendient nos suffrages se rappellent leurs devoirs, de temps en temps, ou tout le temps (soyons fous !). Qu’ils s’opposent aux discours extrémistes, qu’ils affirment les valeurs de la République, qu’ils trouvent, aussi facilement pour les hommes et les femmes vivant sur le territoire que pour indemniser des société bénéficiant de marchés mal fagotés pour l’écotaxe, les millions d’euros qui permettraient à la misère de quitter les quartiers où nous avons enfermés des populations qui aujourd’hui n’en peuvent plus et se tournent vers ceux qui acceptent de payer : les fous de Dieu et les fous de la drogue. Où sont-ils nos brillants politiques qui occupent les plateaux télé, concentrent les pouvoirs et discréditent le travail de la plupart de nos représentants élus, quand il faut défendre les valeurs de la République ?? La langue de bois et le politiquement correct ne servent plus, personne n’est dupe.

    Montrons leur, comme les Islandais l’ont fait, que le citoyen, quel que soit son niveau d’instruction, n’est pas un imbécile que l’on peut duper, tromper. Soyons citoyens et plutôt que des minutes de silence, faisons exploser la vie et hurlons notre humour et notre causticité, soyons citoyens !
    Kérou

  2. Le fanatisme aveugle et rend fous. C’est le mal absolu. Il faut y faire face dans l’union, la détermination, la vigilance et le souvenir des pauvres innocents assassinés.

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